(Transcrit par TurboScribe.ai. Passez à Illimité pour supprimer ce message.) Eh bien, merci, merci beaucoup d'être là. Je voudrais moi, à mon tour, faire une petite introduction méthodologique puisque vous savez que ces Rencontres de Cluny répond à un cahier des charges très précis que nous avons respecté. Vous dire aussi qu'il est possible que, si on peut finir vers 18h15, Fabien notamment a un train et donc on peut envisager de terminer un petit peu plus tôt. Sinon, eh bien, il sera obligé de nous quitter et on terminera à 18h30, voilà. Donc, aujourd'hui, il nous revient de vous faire partager et mettre en perspective l'essence de notre première rencontre qui s'est tenue à Lyon le 1er mars à l'ENS avec des intervenants de très grande qualité, bien sûr, et que je remercie encore. Et alors, il et elle nous ont confié à Fabien Escalona, à ma gauche, journaliste à Mediapart, et à moi-même, donc la responsabilité de rapporter aujourd'hui leurs propos de façon synthétique. C'est évidemment un challenge dans la mesure où c'était quand même des propos de qualité et avec une grande densité. À ma droite, David Jays, je vais y revenir, joue le rôle de grand témoin, puisque lui n'était pas à notre première rencontre et donc prendra la parole après notre petite présentation. Alors, juste pour mémoire, à Lyon, sont intervenus dans l'ordre de passage, en plus de nous deux, Olivier Hamon dans le cadre d'un partenariat entre l'Institut Cité écologique et l'Institut Michel Serre qu'il dirige à l'ENS, Carolina Serda-Guzman, qui est donc constitutionnaliste à l'Université de Bordeaux, spécialiste du Chili, Jérémy Jordanoff, député écologiste de l'ISER et membre du groupe de réflexion de la NUPES sur l'évolution des institutions et la Ve République, Yasmine Bouaga, qui est maire du 1er arrondissement de Lyon, Elisa Bellucco, qui est députée écologiste de la Vienne et coprésidente de l'Institut Cité écologique. Alors, évidemment, je ne remercierai jamais assez aussi ceux qui nous ont accueillis, et notamment Pierre Attanas, vice-président de la métropole du Grand Lyon, et Thomas Dossu, que j'ai vu tout à l'heure, mais je ne sais pas s'il est là, écologiste de Lyon, sénateur écologiste de Lyon et membre du groupe de réflexion sur l'évolution de la loi PLM, notamment, on en a parlé. Alors, nous proposons donc aujourd'hui que Fabien Escalona reprenne pour commencer son analyse, et vous avez nos œuvres complètes sur votre gauche, et elles sont là en présentation, mais vous pouvez les acheter à la librairie. Donc, qu'il reprenne l'analyse qu'il a délivrée dans La Vème République à bout de souffle, et qu'il présente, évidemment, c'est l'essence de notre rencontre, des pistes pour en sortir, sur le fond et sur la forme, finalement. Faut-il en changer radicalement ou progressivement ? Comment faire ? Quelles sont les propositions qui ont été formulées ? Les siennes, qui reposent essentiellement sur l'obsolescence des pratiques et des institutions actuelles, il y reviendra. Il évoquera aussi celle issue du processus de la constituante chilienne présentée par Carolina Serda-Guzman, pour une constitution écologique. Et enfin, celle envisagée par Jérémy Jordanoff, pour renouveler de l'intérieur, à droit constant et rapidement sans crise, une Vème République potentiellement résiliente. Donc ça, ça sera la tâche de Fabien. Je reviendrai pour ma part ensuite sur le développement de la robustesse de nos sociétés, questionnée par Olivier Hamon, à partir de la pensée sur le contrat naturel proposé par Michel Serres, sorte de transcendance du contrat social, c'est-à-dire une esquisse de construction d'un état écologique qui nécessite, par ailleurs, de réfléchir à la place et au rôle des collectivités locales, comme nous l'a proposé Yasmine Bouaga, sur les propos de laquelle je reviendrai. Et je conclurai personnellement sur la prise en compte de la dimension systémique qui interpelle l'écologie politique et la pousse à devenir une écologie régalienne. On va y revenir. Donc à ce stade, vous verrez déjà beaucoup de propositions complémentaires et convergentes qui permettent d'entreprenvoir le nécessaire changement de régime politique face au nouveau régime climatique. Alors, enfin, Lisa Bellucco, qui a poussé à Lyon aussi, plus avant, la place essentielle des communs dans le dispositif philosophico-institutionnel, elle propose d'y revenir demain matin, dans un atelier dédié qui s'intitule « Vers une démocratie des communs, le cas de l'eau ». Et je vous invite donc vivement à aller l'écouter demain matin. Donc, la bonne nouvelle, pour compléter nos réflexions, c'est que David Jaïz, que je remercie beaucoup d'avoir accepté de nous rejoindre dans le rôle de grand témoin, pourra saisir la balle au bout, pour aller plus loin et nous livrer la sienne consacrée à ce qu'il qualifie de « révolution obligée », ici même. Alors, en quoi, à l'instar des précédentes révolutions dans l'histoire de l'humanité, celles-ci étaient-elles systémiques et quelles sont ces contraintes inédites, en quoi elles sont beaucoup plus fortes en termes de temps, puisqu'il y a 2050 qui arrive finalement assez vite, et de périmètre d'action puisqu'on pratique à l'intérieur des limites planétaires. Mais aussi dans l'espace, des USA à la Chine, en passant par l'Union Européenne, où il propose notamment de renouveler l'art de gouverner et tout changer grâce à une écologie qui, pour lui, est de contrat. Donc finalement, nous disons un peu chacun, tous, à notre façon qu'il est urgent d'inventer un nouveau régime politique en phase avec ce régime climatique, ça c'est le micro, et que cette révolution d'un nouveau genre repose sur la transcendance des fondamentaux de la République. On pourrait suggérer, en paraphrasant Léon Blum, et je me lance un peu dans une idée dont on a déjà parlé, que l'écologie politique doit trouver maintenant son double équilibre entre la conquête du pouvoir par la poursuite d'un idéal abouti et l'exercice du pouvoir par l'invention d'un État écologique qui serve son projet de société. Voilà. Pour l'introduction, je passe la parole à Fabien qui ne peut pas peut-être parler trop fort. Oui, bonjour à tout le monde. Désolé pour cette voix d'outre-tombe qui n'est pas ma voix naturelle. Je vais essayer de l'apporter du mieux que je peux. Peut-être juste une remarque, c'est-à-dire que dans le programme, la question posée c'est est-ce que la République est une idée neuve en Europe ? En fait, on se décale un peu par rapport à cette question parce que je pense que on est tous les trois d'accord pour dire que ce n'est pas tellement une idée neuve en Europe mais que l'idée républicaine, en tout cas, elle est plutôt relancée par la catastrophe écologique en cours, par la menace sur les conditions d'habitabilité de la Terre puisque ça valide l'idée qu'un intérêt général existe autour duquel ça vaut la peine de se disputer démocratiquement et d'un intérêt général qu'on est un peu contraint si on n'était pas déjà volontaire pour l'élargir au-delà de la stricte sphère de la communauté politique humaine pour parler des non-humains et de la matière. Mais effectivement, comme le disait Claire, il y a une préoccupation commune qui est de dire, une fois qu'on a cet idéal qu'on peut essayer de préciser sur un plan théorique, c'est quoi le chemin ? C'est quoi l'idée d'une République qui serait écologique ? Comment elle peut se matérialiser ? Ce que je vais essayer de faire c'est de repartir d'abord de la critique de l'existant pour d'abord pointer à quel point on n'est vraiment pas dans une République écologique et ensuite essayer d'esquisser quelles sont les pistes qui doivent nous amener à tourner une page. Claire l'a dit, ce petit essai sur la République à bout de souffle, il n'est pas directement centré sur la question écolo, mais il procède d'un sentiment d'urgence, de décalage entre la médiocrité de notre vie politique, telle que je la ressens, et la mobilisation collective qui semble nécessaire pour faire face à des grands défis. Avec ce livre, l'anglais colo m'est apparu assez évident, c'est-à-dire que la Vème République, il y a vraiment un paradoxe autour de ce régime dont les défenseurs utilisent deux types d'arguments assez récurrents, qui est le fait que ce serait un régime stable et efficace. Si on fait autre chose, on risque de ne pas être stable et efficace. C'est quand même assez fou, précisément quand on a une crise aussi dantesque que la crise écologique, on voit que ce régime dont la stabilité est peut-être d'ailleurs un peu plus factice qu'on ne le dit. Ce régime soi-disant stable échoue à prendre des mesures significatives, contraignantes et parfois condamnées à renoncer à ces mesures qui iraient dans le sens d'un régime écologique. Et puis surtout, une efficacité douteuse puisqu'on peut prendre plein de critères pour estimer que quand même la puissance publique n'est pas spécialement bien préparée aux gros temps qui nous attendent et qui ont déjà commencé en réalité. Donc on a une puissance publique qui a tendance à subir, à anticiper et à préparer à la fois l'appareil d'État mais aussi la population au nouveau régime climatique, aux nouvelles conditions climatiques. Et pour comprendre pourquoi, j'essaie de ne pas partir d'une critique complètement bornée de la Vème République qui était critiquable dès le début évidemment, mais j'essaie quand même de partir de sa cohérence, de reconnaître qu'elle a eu une forme de cohérence avec un moment historique donné. Et qu'au fond, il y avait un peu ces trois piliers, la force de gouverner présidentielle que De Gaulle avait promis et qu'il a mise en place. Ça c'est le premier pilier, très institutionnel, le régime au sens strict. Mais si on pense le régime au sens élargi, il y a ce pilier institutionnel mais qui est là pour permettre une sorte d'arrangement socio-économique qui inclut des classes sociales assez larges. C'est la promesse de la modernisation du pays et de l'amélioration du bien-être de la population. Et puis il y a un troisième pilier qui est un peu l'idée qu'on se fait du pays. L'idée qu'on se fait d'identité du pays et donc sous De Gaulle, c'était l'idée d'un pays qui tient son rang et un rang éminent à l'échelle internationale. C'est le fameux paradigme de la grandeur sur la scène internationale. La politique de modernisation vient crédibiliser ce récit-là qui se fait d'ailleurs avec un récit historique sur ce qu'est la France qui est un récit un peu idéalisé qui met beaucoup de poussière historique sous le tapis. Je l'ai fait courte parce que ce n'est pas exactement l'objet de cette réunion. Pour moi, ce qui fait qu'on a l'impression d'être englué depuis un paquet de temps dans une sorte de crise politique qu'on peine à qualifier de crise tellement elle semble perdurer et ne pas finir, c'est l'idée qu'au fond, ces trois piliers-là du régime gaullien qui ont eu leur efficace à un moment donné se sont érodés individuellement et ont perdu leur cohérence globale. A la fois, le pilier institutionnel s'est érodé c'est-à-dire la force de gouverner existe parfois sous des formes très caricaturales de césarisme présidentiel et en même temps, il y a eu une perte de capacité d'action il y a eu certaines innovations démocratiques qui sont bienvenues en tant que telles mais qui sont un peu contradictoires avec cette idée d'un exécutif surpuissant. Le pilier plutôt socio-économique s'est dégradé aussi en termes de résultats pour la population les compromis de classe sont beaucoup moins inclusifs qu'auparavant. Et puis, le troisième pilier est aussi fragilisé puisqu'on a vu se développer à travers une force politique notamment aujourd'hui le rassemblement national une forme d'identitarisme national qui a grossi c'est antithétique avec ce qu'était le gaullisme et qui est très rétif évidemment à toutes les demandes qui ont surgi de pluraliser l'image et le récit qu'on se fait de ce que c'est que la nation française et de son rôle à l'international. Tout ce petit laïus pour dire qu'à mon avis la légitimité des dirigeants de ce régime et de leur décision a été entamée des deux bouts. A la fois la légitimité qu'on pourrait dire procédurale c'est à dire on est vraiment dans le régime institutionnel, c'est à dire qu'on a un régime peu césariste comme je le disais qui est quand même en décalage avec la société telle qu'elle a évolué avec le niveau d'instruction qui a évolué avec des attentes en termes de participation ou en tout cas d'écoute qui ont également évolué en décalage avec le besoin on en reparlera sans doute avec David pour affronter quelque chose d'aussi immense comme ça que la bifurcation écologique de prendre des décisions de manière plus collégiale ou en tout cas en prenant davantage en compte la diversité des intérêts des situations concrètes des milieux sociaux des territoires donc une légitimité procédurale abîmée, décalée, obsolète en quelque sorte et puis d'autre part une légitimité par les résultats, c'était quand même ça l'idée gaullienne aussi, une légitimité par les résultats qui s'est amenuisée bon là je ne vous fais pas tout le tableau des insatisfactions qu'il y a dans le pays vis-à-vis des dirigeants en place mais si bien qu'on se retrouve avec une France qui est une sorte de puissance moyenne, un peu dans le déni de son déclin relatif et un déclin relatif du coup qu'elle ne parvient pas à organiser et à penser parce que ça pourrait être beaucoup moins dramatique que ça au fond, mais qu'elle ne parvient pas à organiser et à gérer au mieux à la fois pour sa population et pour son rôle pour son rôle en Europe et dans le monde et donc cette espèce de crise infinie que j'évoquais tout à l'heure pour moi c'est décidément une sorte de crise de légitimation rampante j'essaie de trouver cette formule et elle est dangereuse parce que le régime quand même le régime tient c'est à dire qu'on n'a pas de crise aiguë où la cinquième paraît en danger de mort imminente mais c'est rampant et c'est dangereux parce que c'est propice à un ressentiment assez profond et c'est propice à des sortes de fantasmes en une solution autoritaire beaucoup plus autoritaire qu'aujourd'hui en tout cas et qui est un danger évidemment pour des échéances assez proches évidemment là je parle beaucoup du cas français parce que c'est le cas sur lequel on a peut-être le plus de prise et qu'on connaît le mieux évidemment beaucoup des tendances que je viens d'évoquer ne sont pas absentes des autres pays européens la France n'est pas singulière de ce point de vue là il y a un certain nombre de dégradations des démocraties représentatives qui se retrouvent ailleurs en Europe mais il me semble qu'il y a quand même à la fois des spécificités propres à la France c'est bien normal mais aussi un caractère un peu plus aigu de cette crise là en France et un des signes parmi d'autres est le fait que cette fameuse bascule autoritaire identitariste qui est représentée par l'ERN a représenté quand même 40% des suffrages à un second tour d'élection présidentielle ça me fait toujours rire des fois quand on voit des très gros titres sur des percées de droite radicale ailleurs en Europe et parfois je me dis tiens c'est comme si on oubliait qu'on a presque nous même l'extrême droite une des plus fortes quand même d'Europe et depuis un paquet d'années alors si je me tourne maintenant vers un aspect plus prospectif justement en se disant si on n'a pas ce scénario de la bascule autoritaire au fond quelle serait la voie qu'on peut essayer de tracer celle plutôt d'un nouveau régime alors un nouveau régime c'est quoi déjà c'est pas juste un agenda institutionnel parce que moi je verse un peu là-dedans mais je ne crois pas non plus qu'il y ait la solution magique les obsédés du tirage au sort les obsédés du RIC, les obsédés de la proportionnelle moi j'adore ces débats mais il n'y a jamais la mesure qui va permettre qu'on ait enfin la démocratie où le peuple prendra ses destins en main et tout ira bien je pense que il y a de quoi réorienter les politiques économiques, il y a de quoi offrir un récit plus dynamique plus inclusif de la société qui ne relève pas strictement de logique institutionnelle mais changer de régime c'est aussi un agenda institutionnel malgré tout et ça je crois que c'est pas juste par goût des mécanos institutionnels mais pour deux raisons principales la première c'est que je le disais la cinquième est critiquée depuis le début pour son côté césariste pour aller un peu vite et c'est une critique qui me semble quand même pertinente et qui s'est surtout accentuée et dégradée avec le temps, c'est à dire que même si on regarde les choses d'un point de vue gaullien et les juristes qui accompagnaient de Gaulle je pense qu'ils seraient un peu effarés de voir ce que le régime est devenu y compris avec leurs propres critères et puis il y a comme je le disais tout à l'heure cette attente, des attentes dans la société qui sont sans doute différentes qu'en 1958 et donc je pense déjà à ça c'est une raison en soi sans doute mais qui est celle invoquée par les partisans de la 6ème depuis des années et des années mais je trouve que ce qui la rend aiguë et ce qui la rend peut-être plus intéressante finalement cet impératif de changement de régime, c'est que si on a besoin d'institutions nouvelles ou en tout cas d'institutions améliorées, repensées, c'est parce qu'elles doivent être fonctionnelles à des politiques qui sont davantage tournées vers l'intérêt général, davantage tournées vers cette fameuse légitimité des résultats que j'évoquais tout à l'heure en fait c'est des actions pour nous permettre de faire des meilleurs politiques pour affronter notamment cette bifurcation écologique de ce point de vue là, je crois qu'il y a à la fois des choses à faire effectivement comme le disait Claire, à court terme dans un cadre constitutionnel constant et puis d'autres choses qui sont peut-être plus en tout cours plus ambitieuses les choses à faire dans le cadre constitutionnel constant là du coup je fais référence c'est pas de moi même si je partage une partie des idées je fais référence au député Jérémy Jordanoff qui d'ailleurs va bientôt déposer un certain nombre des propositions dont il nous a fait part il y a quelques semaines justement lui a invoqué l'idée qu'il ne faut pas qu'on attend le grand soir constitutionnel pour changer des choses au niveau des institutions lui est un défenseur de la représentation proportionnelle à l'assemblée nationale alors c'est peut-être pas le plus grand critère pour faire de la bonne écologie politique mais d'une part ça peut peut-être un peu aider et d'autre part je pense que c'est pas forcément une mauvaise idée dans la perspective de 2027 bon nous à Mediapart on a tendance à être assez critique de l'usage des sondages mais voilà il y a un fameux sondage commandé par les LR qui indiquait que potentiellement dans une élection législative qui serait convoquée avec le mode de scrutin actuel, le RN serait quasiment en capacité d'avoir une majorité absolue bon je crois que dans ces cas là une proportionnelle est peut-être un moyen au moins de gagner du temps donc lui avance c'est pas Jordanoff qui dit ça, c'est un libre commentaire ce que Jérémy Jordanoff avance aussi c'est une loi pour déconnecter la présidentielle et la législative là il n'y a pas besoin de changer la constitution on va pas refaire toute l'histoire mais c'est vrai que cette coïncidence des calendriers présidentielle et législative ce primat de la présidentielle sur le législatif provient en grande partie de 2002 depuis qu'il y a eu l'instauration du quinquennat donc il propose de jouer sur ce calendrier pour redonner davantage de place et d'importance en fait à l'élection législative et puis une autre proposition qu'il fait qui concerne moins les élus en tant que tels c'est une idée qu'on retrouve d'ailleurs au Chili qui est celle d'un défenseur de l'environnement d'une administration autorité administrative indépendante qui serait l'idée d'un défenseur de l'environnement comme on a aujourd'hui le défenseur des droits qui n'a pas la capacité de changer le cours des politiques publiques mais qui a quand même une fonction d'alerte qui est à l'écoute des citoyens et qui remplit une fonction assez respectée dans le régime actuel et donc une idée de le décliner comme ça au niveau écologique Dans le même ordre d'idées si on se place d'un point de vue dont on a un petit peu parlé lors de nos rencontres à Lyon l'idée de planification écologique que j'évoquais en disant s'il nous faut un nouveau régime c'est un régime qui puisse faire une planification écolo même si le terme fait parfois lever quelques sourcils mais je pense que la réalité qui recouvre à mon avis est souhaitable en tout cas une planification qui soit tournée à la fois vers la sobriété vers l'égalisation des conditions matérielles de vie et on a deux auteurs récents que je sais, Yann et Durand qui ont publié un bouquin à la découverte récemment avec plein de propositions mais dont une proposition qui n'est pas spécialement révolutionnaire qui a inspiré des premières de la planification quand elle marchait encore un temps soit peu dans les années 50-60 en fait ils disent à l'époque qu'il y avait des commissions de modernisation évidemment aujourd'hui il ne s'agit plus de faire ça et aujourd'hui il faudrait quasiment des commissions post-croissance comme ils disent mais qui permettraient d'intégrer pas mal de parties prenantes que ce soit au niveau des représentants de salariés, des représentants d'autres intérêts d'intérêts économiques aussi de consommateurs et ainsi de suite des commissions qui permettraient d'être un peu l'outil qui ferait le lien entre tout ce qui s'expérimente tout ce qui s'exprime localement et puis les grandes orientations qu'il faut trancher au niveau national au niveau de la représentation nationale sur comment flécher les grands investissements et comment empêcher certains investissements de se faire pour pas continuer sur une trajectoire désastreuse d'un point de vue écologique et puis deuxième temps, des choses aussi qui nécessiteraient un des changements constitutionnels plus ambitieux et donc c'est là qu'effectivement Caroline Serda-Guzman est intervenue avec l'exemple chilien, qui comme vous le savez n'a pas abouti, c'est un exemple un peu malheureux mais elle n'était pas si négative que ça en disant que ce genre d'expérience n'était jamais perdue on va vous refaire le récit de ce qui s'est passé au Chili mais ce que je retiens c'est quelque chose d'un ordre peut-être plus général qu'elle nous a exprimé pour elle au fond refabriquer une constitution collectivement pour elle a de l'intérêt pas juste une perte de temps même si évidemment c'est pas la constitution qui change les politiques publiques en tant que telle mais pour elle c'est important pour essayer d'édifier un état de droit environnemental, elle faisait une différence entre le fait d'écologiser un peu la constitution on rajoute, enfin on bricole on rajoute quelques ambitions par-ci par-là on rajoute quelques politiques publiques par-ci par-là mais pour elle il y a l'idée de reconstruire une constitution d'un point de vue écologique il y a cette idée systémique qui revenait aussi dans les propos de Claire pour construire cet état de droit environnemental et pour elle c'était important parce que d'une part ça donnait de la légitimité ensuite aux responsables politiques pour agir d'autre part ça permettait de penser des nouvelles institutions politiques ou juridiques pour traiter de manière holistique les problématiques écologiques comme elle le disait, c'est-à-dire pas seulement afficher des grands principes de précaution, de grandes déclarations mais nous disait-elle essayer de constituer une sorte de salle des machines dans l'appareil d'état qui soit adossée à une légitimité constitutionnelle pour pouvoir agir écologiquement et puis nous disait-elle d'un point de vue peut-être un peu plus technique et que j'avoue je maîtrise moins qui est aussi quand même une constitution mais on le comprend intuitivement, ça sert aussi à produire des effets devant les juges et dans les différents rouages de l'appareil judiciaire au sens où les citoyens évidemment peuvent se réclamer de tel ou tel article pour ensuite faire progresser des revendications écologiques et je crois que derrière ça derrière ce qu'elle dit et puis derrière ce que disent des gens comme Cochayant et Durand d'un autre point de vue il y a cette idée d'essayer de d'ancrer dans la durée une orientation écologique du régime ce qui ne présume pas ensuite des majorités politiques qui se succèdent, qui peuvent être différentes, mais qu'en tout cas il y a une sorte de cours imprimé au régime ou en tout cas des possibilités offertes par le régime qui aillent dans un sens écologique bien plus qu'aujourd'hui. J'ajoute aussi que dans le cas chilien mais c'est aussi le cas dans tout un foisonnement de réflexions qui existent en France notamment il y a aussi toute une réflexion sur comment on peut intégrer dans nos procédures démocratiques, pour le dire vite, en gros ceux qui ne parlent pas ceux qui ne peuvent pas parler pas juste les classes sociales dominées qui ont moins l'accès à la parole c'est une problématique en tant que telle mais ceux qui ne peuvent vraiment pas parler, soit parce que c'est des générations qui sont encore à naître, soit parce que c'est des espèces vivantes qui ne sont pas humaines et qui évidemment ne peuvent pas intervenir dans nos procédures politiques habituelles. Alors autour de ça il y a des tas de scénarios est-ce qu'il faut faire une troisième chambre est-ce qu'il faut transformer le Sénat comment on représente ses intérêts est-ce qu'il faut introduire aussi du tirage au sort pour aider à tout cela bon, je crois que c'est quand même un élément hyper important parce que personne n'a la vraie clé mais je crois que c'est un élément qui, à mon avis, justifie l'idée de quand même remettre sur le métier la réflexion autour d'une nouvelle constitution sans parler, encore une fois, mais là je ne m'étends pas parce que je vais m'arrêter là sans parler de l'enjeu des collectivités locales où il se passe énormément de choses en termes d'investissement de collecte aussi des besoins où on en parlait un peu en amont de cette table ronde on a une sorte de maquille adémocratique et assez complexe qui permet certainement pas de d'aller vers la république écologique qu'on pense souhaitable. Et donc pour conclure, je vais m'arrêter là je crois que derrière l'idée de république en plus ça tourne bien parce que ma voix me lâche définitivement je crois que derrière l'idée de république écologique, il y a cette idée au fond d'essayer de nouer une sorte de nouveau déjà de repartir d'un imaginaire assez positif quand même globalement dans la population l'imaginaire républicain, il y en a qui l'aiment pas mais c'est quand même quelque chose d'assez relativement consensuel encore puisqu'il fait référence à la chose commune et de se dire c'est un imaginaire qui est rassembleur qui est quand même conflictuel parce qu'on sait que ça va se heurter à des intérêts qui sont peut-être minoritaires mais qui sont très puissants mais un imaginaire quand même rassembleur qui essaye justement de ne plus user de cette thématique de la modernisation, de la croissance à tout prix de la grandeur, la grande France à l'échelle internationale mais qui essaye de réorienter ça et de se dire, bah non en fait il y a une sorte de résilience collective, solidaire à essayer de mettre en place pour affronter les grandes menaces géopolitiques, les grandes menaces climatiques, les grandes menaces identitaristes et pour que la France essaye de ce point de vue là de jouer un rôle pionnier, de jouer un rôle d'entraînement à l'échelle européenne avec ce cap là et cette ambition là voilà, merci attention. – Merci Fabien je vais donc, on va enchaîner et je vais repartir de ce que tu disais, la Vème République un régime stable et efficace alors c'était le projet où en est-on ? Mais en fait ce sont précisément les attendus qu'a voulu démonter Olivier Hamon en se basant sur une démonstration de biologistes en disant que finalement les attendus du vivant sont exactement à l'opposé de ces notions et en fait pour incarner la transcendance du contrat naturel de Michel Serres Olivier Hamon (Ce fichier dure plus de 30 minutes. Passez à Illimité sur TurboScribe.ai pour transcrire des fichiers jusqu'à 10 heures.)