(Transcrit par TurboScribe.ai. Passez à Illimité pour supprimer ce message.) Bonjour à toutes, bonjour à tous. Est-ce que vous m'entendez assez bien ? Vous me dites si je ne parle pas assez fort. On va vous présenter la collection de livres On arrête tout et on réfléchit. Je me présente, je m'appelle Manon Riotor et je suis chargée de la production éditoriale chez Ager pour l'environnement. Ager pour l'environnement, si vous êtes là depuis quelques jours, vous avez dû en entendre parler. On a un stand dans l'espace de foisonnement et on a déjà fait quelques petites présentations. C'est une association de mobilisation citoyenne sur des thématiques liées à l'environnement et on a pour mission de donner des outils à tout le monde pour agir au quotidien sur les thématiques liées à l'environnement et pour faire pression sur les décideurs économiques et politiques. Le directeur général, Céline Percov, est présent juste ici et pourra compléter si besoin. C'est dans l'optique de fournir des outils pour mieux agir et pour mieux appréhender des thématiques liées à l'environnement qu'on a lancé avec la maison d'édition Rue de l'Échiquier, maison d'édition indépendante sur les thématiques liées à l'écologie. La collection, on arrête tout et on réfléchit. Le but, c'est de donner des livres concis, clairs et synthétiques sur des thématiques parfois difficiles à appréhender liées à l'environnement avec la volonté d'outiller tout le monde avec des données fiables, accessibles et pour ne plus se sentir finalement démunis. Chaque livre propose un résumé sur un sujet, des clés de lecture et surtout des modes d'action que ce soit individuel ou collectif. Les deux premiers ouvrages sont sortis en novembre 2023 avec l'énergie nucléaire écrit par Stéphane Karkhoff qui s'attache à analyser les discours prédominants sur le nucléaire aujourd'hui et a priori à pointer leurs erreurs. On a aussi l'ouvrage sur les perturbateurs endocriniens, on arrête tout et on réfléchit écrit par Mélanie Popoff, médecin et scientifique spécialiste de santé publique environnementale livre qui rappelle l'omniprésence des substances chimiques et des perturbateurs endocriniens dans notre environnement, dans notre quotidien, mais surtout les moyens pour s'en prémunir. Enfin, le petit dernier livre est sorti en février 2024. C'est l'ouvrage sur le numérique On arrête tout et on réfléchit rédigé par Yves-Marie, cofondateur et déléguée de l'association Lève les yeux qui lutte contre l'addiction aux écrans et promeut la déconnexion. Son ouvrage rappelle à juste titre l'importance de se déconnecter et notre addiction globale au numérique. Le format de la rencontre est un peu spécial, on a décidé que chaque auteur allait se présenter, présenter son ouvrage directement pendant 10-15 minutes et ensuite vous pourrez poser des questions immédiatement après, pendant 15 minutes, avant qu'on passe au second auteur. On va commencer avec Mélanie qui va nous quitter à 17h, elle va nous présenter son ouvrage sur les perturbateurs endocriniens. Bonjour, je m'appelle Mélanie Popoff, je suis médecin et je vais vous raconter pourquoi j'ai été amenée à écrire un livre en apparence qui concerne la santé, mais dans une collection pour l'environnement et quels sont les ponts entre écologie et santé. En dehors de mon travail de médecin, j'ai aussi créé une association qui s'appelle l'Alliance Santé Planétaire, qui fait le plaidoyer d'un courant de pensée globalement la santé en tenant compte des limites planétaires. Je vais commencer par faire un petit point technique sur les perturbateurs endocriniens, parce que contrairement aux nucléaires et aux numériques, on voit ce que c'est les perturbateurs endocriniens en général, c'est un peu technique, un peu opaque. Après on parlera de ce qui se cache derrière en termes d'enjeux éthiques et politiques et de démocratie sanitaire. Nous qui cherchons de nouveaux récits, de nouvelles façons de penser l'écologie, de nouveaux imaginaires, la compréhension, la vulgarisation et la politisation de sujets médicaux en apparence très techniques comme celui des perturbateurs endocriniens, et plus largement de la pollution chimique, peut permettre non seulement d'amener à l'écologie des personnes qui ne s'intéressaient pas, mais aussi d'embarquer de nouveaux acteurs, en particulier les professionnels de santé. Je m'explique. Déjà, les perturbateurs endocriniens, qu'est-ce que c'est ? Ce sont des molécules, la plupart du temps de synthèse, ça peut être aussi des substances naturelles, mais la plupart du temps ce sont des molécules de synthèse, qui, en créant des perturbations du système endocrinien, entraînent des maladies. Le système endocrinien, c'est le système hormonal. C'est un synonyme, c'est le même mot. Alors, pourquoi est-ce que ça crée des maladies ? Parce que les hormones sont très importantes dans le développement et le fonctionnement de nos organes et de nos systèmes. Les hormones, ce sont des messagers qui sont produits par un organe, donc le cerveau, la thyroïde, les ovaires, les testicules, le tissu graisseux et le pancréas, qui sont par exemple des organes endocrines, secrètes des hormones, et qui voyagent dans le corps pour aller délivrer une information, un message, qui la plupart du temps déclenche un phénomène. Les hormones fonctionnent à toutes petites doses, de l'ordre d'une nanogramme par millilitre. On dit que c'est l'équivalent d'une goutte d'eau dans une piscine olympique. Et donc les phénomènes déclenchés en question, c'est, je vous en cite quelques-uns, le développement du cerveau depuis la vie fétale jusqu'à l'âge adulte, le déclenchement de la puberté, la fabrication des gamètes, des spermatozoïdes et des ovules, la régulation du taux de sucre ou du stockage du gras. Les perturbateurs endocriniens, ce sont des substances qui vont être des analogues des hormones, qui leur ressemblent et vont venir hacker le système en imitant, bloquant ou déformant le message de l'hormone en question. La découverte des PE, ce n'est pas si récent que ça. C'est le fruit de la collaboration de scientifiques de plusieurs disciplines, dont Rachel Carson, qui a sorti son livre en 1962 qui s'appelle Silent Spring, qui portait sur la constatation de phénomènes chez la faune aux Etats-Unis, et qui l'a corrélée à l'exposition aux pesticides. Ces chercheurs, tout au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, des toxicologues, des médecins, des biologistes, des zoologues, ont rassemblé toutes leurs observations et se sont rendus compte qu'à travers le monde, il y avait une surincidence de certaines maladies hormonales. Leurs recherches, que ce soit in vitro, in vivo ou épidémiologiques, ont prouvé l'activité hormonale de certaines substances, dont le plastique. On sait comment les perturbateurs endocriniens fonctionnent, grâce ou à cause du distilbène, un médicament donné aux femmes enceintes pendant les années 30, un peu partout dans le monde, pour prévenir le risque de fausse couche. C'est une très mauvaise idée qui a créé des malformations et des cancers dans la descendance, y compris chez les petits-enfants non exposés. Cela a permis de comprendre le phénomène de transmission intergénérationnelle des effets sanitaires des perturbateurs endocriniens, via un mécanisme épigénétique. Qu'est-ce qui se passe quand le système est hacké ? Cela dépend en grande partie du moment de l'exposition. Contrairement aux toxiques habituels comme l'alcool ou le tabac, où l'effet sanitaire est fonction de la quantité d'exposition, on sait que plus on fume, plus on boit, plus on risque de développer telle ou telle maladie. Pour les perturbateurs endocriniens, ce n'est pas la dose qui fait le poison, c'est le moment d'exposition. Les perturbateurs endocriniens peuvent agir à très petite dose s'ils hackent le système lors d'un moment de vulnérabilité, à savoir la grossesse, les 1000 premiers jours de vie, à partir du moment de la conception, la période prépubertaire et la puberté. Si on est exposé à un perturbateur endocrinien dans une période de vulnérabilité hormonale, quand notre corps a besoin de telles hormones spécifiques pour fonctionner, c'est là qu'on risque de développer des problèmes de santé. Santé publique France, en décembre dernier, a identifié dans le cadre de son étude PEPS-PE, un certain nombre de maladies associées aux perturbateurs endocriniens de façon assez sûre. Ces maladies, ce sont l'endométriose, la puberté précoce, l'infertilité, le syndrome des ovaires polykystiques, certaines malformations génitales chez le petit garçon, comme les testicules qui ne descendent pas dans les bourses, certains cancers, des cancers hormonaux dépendants comme le cancer du sein et de la prostate, le diabète et l'obésité, et enfin ce qu'on appelle les troubles du neurodéveloppement qui comprennent les troubles du spectre autistique, les TDAH et les retards de langage chez les enfants. Or, toutes ces maladies, sans exception, ont vu leur incidence augmenter au cours des dernières années, même des dernières décennies. Tout comme la production de substances issues de la pétrochimie, le plastique et les pesticides de synthèse, qui contiennent des perturbateurs endocriniens. Alors, corrélation n'est pas causalité, évidemment, mais il s'avère que les résultats d'études épidémiologiques qui nous parviennent de plus en plus nombreux avec le temps, semblent que l'on soit davantage dans le champ de la causalité que de la corrélation. N'en déplaise aux fabricants du doute, mais j'y reviendrai un peu après. Vous savez maintenant que les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques de synthèse contenues dans le plastique et les produits phytosanitaires et qui entraînent des maladies. Mais à quel point est-ce que c'est une menace ? Et où est-ce qu'elles se trouvent ces substances ? Est-ce qu'il faut paniquer, comme on me dit souvent quand on voit la couverture de mon livre ? Pourquoi ce n'est pas interdit et qu'est-ce qu'on peut faire ? Et surtout, en quoi est-ce que c'est un cheval de troie pour le combat écologique ? Alors, pour répondre au sujet de l'exposition, 7 minutes c'est bon, je vais vous lire un passage de mon livre. Alors, promettez-moi de ne pas paniquer, c'est le pire passage du livre. Alors, je sais que tu l'aimes bien. Vous ne ferez plus jamais vos courses de la même façon. Alors, pour mieux se rendre compte du nombre de fois où l'organisme agit comme une interface avec l'environnement et est potentiellement exposé à des perturbateurs endocriniens, il faut se figurer une journée ordinaire. Et ce mot ordinaire, il est très important. Le réveil sonne sur votre smartphone. Son écran que vous avez cassé hier libère du cadmium. Vous quittez le matelas à mémoire de formes en mousse polyuréthane traitées au retardateur de flammes et aux formes aldéides. Dans la salle de bain, gel, douche, shampoing, après shampoing, déodorant, dentifrice, crème hydratante et maquillage, déroulent leurs cortèges de triclosan, paraben, benzophénone, alkylphénol, siloxane, moussée, conserve, émulsifie, parfum ou détruise des bactéries. Vous mettez vos lentilles de contact, qui contiennent des substances per- et polyfluoroalkylées, les PFAS ou PFAS dont on entend un peu parler en ce moment. C'est du téflon. Et vous vous dirigez vers la cuisine. Vous allumez votre bouilloire électrique en plastique qui relâche son bisphénol A. Bisphénol A qui a été interdit dans les biberons en plastique il y a quelques années de ça, mais est remplacé par le bisphénol S. On se rend compte aujourd'hui qu'il est aussi dangereux que le bisphénol A, voire même plus parce qu'il reste plus longtemps dans l'organisme. Donc, qui relâche son bisphénol A à la faveur de la chaleur tout en vous préparant un œuf au plat. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais en 2023, une alerte avait été lancée par l'ARS Île-de-France qui déconseillait de manger des œufs de poules domestiques à cause d'une contamination en furane, dioxyne et PCB, qui sont des substances interdites depuis très longtemps. Donc, il pleut, vous enfilez un imperméable déperlant traité au perfluoré, parce que les perfluorés c'est génial, c'est hyper résistant, on en met partout, c'est déperlant, anti-adhésif, voilà. C'est pour ça qu'il y en a partout, c'est parce que c'est super. Vous allez travailler à vélo et rouler le long des bouchons en respirant gaz d'échappement, particules fines et même des pesticides charriés par le vent. A la faveur d'une reconversion professionnelle, vous êtes employé actuellement chez un fleuriste pour apprendre le métier. Vous passez une lingette nettoyante aux muscles de synthèse sur le plan de travail, puis vous attrapez un bouquet et plongez le nez dans ces magnifiques roses jaunes gorgées de produits phytosanitaires cultivés dans une lointaine région moins regardante que l'Europe sur la réglementation horticole. Vous appelez un client en mâchouillant les composés reprotoxides d'un stylo à billes. Le midi, vous réchauffez au micro de vos lasagnes maison dans un contenant en plastique, qui contamine alors votre repas au bisphénol, pendant que votre patron déguste une pizza au fromage garnie avec les polluants éternels qui tapissent l'intérieur anti-graisse de l'emballage en carton. Il est 13h, vous souriez. Le test de grossesse réalisé ce matin avant de partir est positif. Cette histoire illustre l'exposition massive et néanmoins ordinaire d'une femme en début de grossesse à de très nombreux produits chimiques, alors que l'embryon qu'elle porte est en train de former ses principales structures et fonctions. Voilà. Donc, je vous ai menti. Il faut paniquer. C'est une catastrophe. Vous avez vu, les objets se trouvent partout, partout dans les objets du quotidien, dans les objets ordinaires, dans l'alimentation, dans l'air, dans l'eau, dans les sols. L'étude Esteban de Santé publique France montra en 2019 que la totalité des hommes, des femmes, y compris des femmes enceintes et des enfants, est imprégnée avec six substances PE, Perturbateurs Nocriants. Bisphénol, paraben, phtalate, triclosan, retardateur de flammes et PFAS. Et, Alba, bouge tes oreilles, les enfants sont plus imprégnés que les adultes. Alba, c'est le petit bébé qui est là. Pourquoi ? Parce que les enfants, ils ont une fréquence respiratoire plus élevée, ils mettent tout ce qui est en plastique à la bouche, ils ont des systèmes de détoxification qui sont moins matures que celles des adultes, et ils sont plus près du sol parce qu'ils rampent, et donc ils sont plus exposés aux poussières domestiques, je suis désolée, les poussières domestiques qui concentrent les perturbateurs endocriniens. Il faut savoir que l'alimentation est la première source de contamination aux perturbateurs endocriniens, via le contenu et le contenant. Donc, via les aliments ultra-transformés qui contiennent tout un tas d'additifs, via les fruits et les légumes non-bio, car deux tiers des pesticides sont des perturbateurs endocriniens, via les emballages ou les contenants en plastique ou en carton alimentaire, et les ustensiles de cuisine, comme les poêles en téflon. Les cosmétiques, les jouets, les textiles, les produits ménagers, les plastiques mous et les objets de puériculture sont également des sources courantes d'exposition. Donc, si je résume, les PE sont partout, tout le monde est imprégné et nous rend malades. Maintenant, il faut juste accepter que le profil des maladies chroniques, des maladies d'aujourd'hui, il a changé. On n'est plus malade de maladies infectieuses, transmissibles, qu'on avait su traiter, enfin prévenir en tout cas, grâce à la vaccination et des mesures d'hygiène. On a des maladies chroniques, toutes sortes de maladies qui sont liées à l'exposition à notre environnement. Et cet environnement, il peut être parfois bon et parfois mauvais. C'est pour ça que moi, ce livre sur les perturbateurs endocriniens, je suis très contente de l'avoir écrit parce que moi, médecin, je ne sais plus quoi faire pour que les gens soient en bonne santé et je ne sais plus quoi leur dire pour que eux soient et de l'autodétermination dans leur santé parce que tout ça, c'est la pollution qui est invisible. Ça ne se voit pas, ce n'est pas marqué dessus. Vous prenez une cigarette, vous savez que ce n'est pas bon pour la santé, bon, c'est marqué dessus et puis c'est dose dépendante, donc plus vous fumez, plus c'est mauvais. Les perturbateurs endocriniens, c'est caché partout, on ne sait pas où ils sont, on ne sait pas vraiment ce qu'ils font pour la santé et puis on nous dit en plus qu'on n'est pas sûr, c'est pas prouvé, c'est compliqué à démontrer à cause de ça, du fait qu'ils ne soient pas vraiment dose dépendant, que ça ne soit pas la dose mais le poison qui fait le danger, à cause aussi de l'effet cocktail, vous avez sûrement entendu parler, mais l'effet cocktail, c'est le fait que un perturbateur endocrinien tout seul, il peut avoir zéro effet sur la santé, mais quand il est mis avec d'autres copains, il y a une espèce d'effet synergique pour aller, moi je vois ça comme ouvrir une serrure, donc c'est plusieurs clés et en fait, elles finissent par réussir à ouvrir la serrure et c'est 0 plus 0 plus 0 plus 0 égal 1, c'est pour ça qu'on a du mal à montrer que le glyphosate, c'est un perturbateur endocrinien, parce que tout seul, et puis de toute façon, c'est impossible à tester puisqu'il n'y a pas de population, il n'y a pas de population témoin, il n'y a pas de population qui est indemne de perturbateurs endocriniens, donc en fait, les études épidémiologiques, elles sont très difficiles à faire. Alors, je vais vous donner quelques raisons de ne pas paniquer et de transformer l'inquiétude en colère. Donc un, tout le monde n'est pas vulnérable de la même façon, les femmes enceintes, les enfants, les bébés et les enfants en âge pubertaire, qu'il faut vraiment protéger. Deux, la plupart des perturbateurs endocriniens s'éliminent de l'organisme et on peut se décontaminer si on connaît les sources d'exposition. Trois, les maladies n'ont pas qu'une seule cause et les perturbateurs endocriniens ne sont responsables que pour partie des maladies que je vous ai citées. Alors, comment on limite son exposition ? En aérant chez soi, en achetant le moins emballé, le moins neuf, le moins plastifié possible, en mangeant bio, en se méfiant de tout ce qui est résistant, déperlant, antibactérien, parfumé, etc. Le problème, c'est une aubaine parce que c'est aussi des actions qu'on peut faire pour avoir un mode de vie éco-responsable. Donc c'est pour ça que la santé c'est un levier d'écologie. Parce que des personnes qui ne se sentent pas concernées par l'écologie, qui n'auraient pas envie d'adopter un mode de vie zéro déchet, en parlant de la pollution chimique et de la santé, ils vont se sentir plus concernés et agir pour leur santé et en agissant pour leur santé, agir pour l'écologie. Le problème aussi, c'est que tout le monde n'a pas la même capacité de choisir. C'est un problème qui est extrêmement injuste, la pollution chimique. Tout le monde n'a pas la même capacité de choisir une alimentation saine, n'a pas la même capacité à s'extraire d'un lieu pollué. Je pense à la pollution chimique coloniale, comme la chlordécone, comme les pesticides interdits en Union Européenne qui sont exportés dans les pays du Sud global. Je pense aux enfants et aux fœtus qui n'ont pas le pouvoir de choisir de quoi ils sont entourés et je pense aux générations futures à qui on laisse une terre éternellement polluée. Voilà, je vais avancer un petit peu, c'est bon. Ce que je disais tout à l'heure, c'est que c'est une histoire de démocratie sanitaire, c'est une histoire d'autodétermination et de droit à connaître de quoi sont faits nos objets, nos aliments et nos matrices de vie. C'est aussi une histoire de bonne femme, car ce sont elles qui portent les bébés, s'occupent davantage des enfants, gèrent la domesticité, le foyer, les courses, le ménage et le repas. Elles ne gèrent pas tout seules, elles gèrent plus. Ce sont celles qui vivent dans un monde patriarcal qui réclament d'elles qu'elles s'étalent des cosmétiques au quotidien. Ce sont celles enfin qui exercent des métiers qui les exposent tout particulièrement. Le ménage, la coiffure, les métiers, les salons où on met du vernis, les hôtesses de caisse avec les tickets au Bisphenol 1. C'est un peu finalement une histoire d'écologie de subsistance comme dirait Geneviève Pruevaud et celles qui s'occupent de la subsistance sont en droit de réclamer aujourd'hui que diable contient-elle cette subsistance ? Aidez-nous à rendre visible l'invisible. Voilà, c'est pourquoi à travers ce livre j'en appelle, et j'aurai fini, à la responsabilité des uns au service de l'espérance des autres. La responsabilité de celles et ceux qui votent les lois et celles des industriels qui leur soufflent dans l'oreille. Et il faut savoir que de nombreuses actions sont déjà en place pour lutter contre les perturbateurs endocriniens, rassurez-vous. Dans les maternités, dans les crèches, les écoles, au sein des territoires et des villes. Et mon vœu le plus cher serait que ce livre soit lu par le plus d'élus et d'industriels possibles mais aussi par mes pères car ils sont légitimes pour lancer l'alerte sur la pollution chimique car le plastique est en train de recouvrir la Terre. On estime qu'il va faire en termes de production de plastique, c'est x3 en 2050 à partir de maintenant, avec le chiffre d'aujourd'hui. Car les industries fossiles se détournent de l'énergie pour faire du plastique. Et certaines en appellent un GIEC de la pollution chimique, et moi aussi. Voilà, bon en fait j'ai fini. Super, si vous avez des questions pour Mélanie, c'est maintenant, on a 10-15 minutes. Déjà merci beaucoup pour la présentation, c'était très intéressant et très badant. Ma question, je travaille dans la mobilité et tu as évoqué les pots d'échappement, donc il y avait l'air de bien nous pourrir aussi. Est-ce que la voiture électrique résout tous nos problèmes ? Est-ce qu'elle en crée d'autres, ça les amoindrit ? Si tu avais un peu des ordres de grandeur. Je réponds tout de suite ? Oui, peut-être. La voiture électrique, le problème c'est que on n'y pense jamais, mais on ne sait pas que la plupart des microplastiques qui sont dans les océans viennent des pneus, des résidus de pneus de voiture. Je ne sais pas si une voiture freine, ça libère des microplastiques. C'est énorme, c'est 70% des microplastiques d'océans. Oui, effectivement, les voitures thermiques vont plus entraîner de rejets de particules fines et de combustion. Mais bon, ça n'empêche pas les microplastiques. Et aussi, j'avais deux questions. C'est l'histoire de l'essence et de l'énergie fossile. Les industriels fossiles savent qu'ils ne vont plus pouvoir faire des voitures thermiques et d'énergie fossile pendant très longtemps. Des cuves de pétrole, il y en a encore. Ils vont faire du plastique. Ce plastique va être utilisé, il va contaminer la planète et il va être brûlé à la fin. Une voiture électrique, non, ce n'est pas une solution. Les bisménoles, c'est un danger dans une situation de vulnérabilité. L'enfance et la grossesse, mais est-ce que ça veut dire qu'il faut se protéger dans ces situations mais que le reste du temps, il n'y a pas de problème et on peut y aller ? Déjà, c'est dommage qu'une fois que tu as fait des efforts, de ne plus en faire après. Je n'ai pas aussi parlé de la période périconceptionnelle parce qu'on a l'impression qu'il n'y a que les femmes et les enfants qui sont concernées, mais les hommes aussi. Je pense que vous connaissez tous ces chiffres du taux de spermatozoïdes qui a baissé de 50% en 30 ans. Vos grands-parents avaient deux fois plus de spermatozoïdes que vous dans votre sperme. On a revu à la baisse les normes, parce qu'il y a un effondrement complet du taux de spermatozoïdes et c'est lié en partie aux perturbateurs endocriniens. Il y a vraiment ces périodes-là, la petite enfance, la grossesse, la puberté et la période périconceptionnelle. Deux mois avant de se dire un enfant, il faut adopter une sobriété chimique. Et après, si on a le courage, on continue, mais effectivement, moins grave. Ce n'est pas le cas quand on essaie de concevoir un enfant, mais est-ce que vous pouvez toucher un mot sur les contraceptions hormonales ? Est-ce que ça fait partie du cocktail de tous ces perturbateurs endocriniens ? La contraception hormonale, c'est un perturbateur endocrinien choisi. C'est fait pour. Voilà. Ça perturbe notre cycle menstruel et notre ovulation. On sait ce qu'on veut. Est-ce qu'il y a un impact de ma aide ? Non. Je ne saurais pas répondre à la question. Je pense que ça a plus d'avantages que d'inconvénients, à l'échelle de l'humanité et des droits de la femme. Vas-y, avec plaisir. Il y a un peu risque de cancer du sein chez la femme qui est bien documenté, mais il y a un risque protecteur sur tout un ensemble d'autres cancers, et notamment le cancer du colon. Quand on met dans la balance les avantages et les inconvénients, ça dépend ce qu'on regarde comme avantages et comme inconvénients. Surtout, il y a une question de choix derrière qui est très importante et des droits que ça garantit pour les femmes, et que vous ne les prenez pas à votre insu, contrairement aux vrais perturbateurs endocrines. Je veux bien qu'on développe l'usage des slips chauffants et de la vasectomie, et arrêtez de prendre la pilule. Ça n'a pas fait rire les garçons. Est-ce que vivre à la campagne, vivre à la ville... Vivre à la campagne, vivre à la ville... Qu'est-ce qu'on fait du coup ? Vivre à la campagne, ça dépend si tu vis près d'une zone d'agriculture conventionnelle. Effectivement, t'es exposée par l'air et par les eaux à des pesticides. Et vivre à la ville, il n'y a pas que l'histoire des perturbateurs endocrines, c'est toute la pollution chimique. Tous les milieux sont contaminés. Je ne sais pas ce qui est le mieux. Il faut arrêter de polluer, c'est tout. Il ne faut pas être inquiet, il faut être en colère. C'est la réponse à toutes les questions que vous allez poser à partir de maintenant. Est-ce qu'il y a des questions ? On peut enchaîner peut-être sur l'énergie nucléaire. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Cette collection, on l'appelle On arrête tout et on réfléchit. C'est une référence à l'an 01. Normalement, on mettait aussi Essai Patriste. Vu les trois premiers sujets, on a enlevé l'Essai Patriste parce que globalement, on s'est dit qu'essayer de faire sourire sur ce sujet-là, ça allait être compliqué. Mais maintenant que vous êtes dans la salle, de toute façon, vous allez y rester. Je vais commencer par une bonne nouvelle. Ça fait 19 jours que le coût de l'EPR2 n'a pas augmenté. Vu que depuis 2020, on a déjà pris 20 milliards d'euros d'augmentation sur un projet dont le design n'est même pas fini, c'est vrai qu'on se dit qu'on appréhende un petit peu le moment où ils vont commencer à le construire parce que globalement, au regard, j'ai calculé, ça fait une augmentation de 600 000 euros par heure. Donc, n'entendez pas le fait que j'aimerais bien qu'il soit construit rapidement, mais en l'espèce, il y a quand même quelque chose d'assez étonnant. L'objectif de ce bouquin sur l'énergie nucléaire, c'est un, déjà, je vais essayer de le dire parce que c'est toujours difficile, de déjancoviciser les esprits parce qu'en fait, on vient de subir deux ou trois ans de lavage de cerveau qui est particulièrement bien construit pour arriver sur... Non, mais en fait, il faut construire des EPR en France et en fait, avec une série d'éléments qui ne résistent (Ce fichier dure plus de 30 minutes. 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