(Transcrit par TurboScribe.ai. Passez à Illimité pour supprimer ce message.) Voilà, donc très très rapidement, avant de leur donner la parole, et de pouvoir ensuite engager la réflexion avec la salle, je dirais quelques mots. Nous ne partons pas de rien pour ce qui est de la réflexion au sein de l'instant d'après, puisque lors des premières rencontres nous avions déjà organisé un atelier sur l'écologie décoloniale, atelier auquel participaient Marcelin Nadeau et Erwann Molinier de l'Observatoire Terre-Monde et atelier dont vous avez le compte-rendu sur notre site, si vous y allez, et dans lequel on avait largement déjà, enfin Erwann Molinier et Marcelin avaient déjà largement présenté ce que c'est, enfin comment ils définissent l'écologie décoloniale, donc en indiquant qu'il y a bien deux champs d'études qui s'ignorent encore beaucoup, celui de l'écologie et celui de la pensée décoloniale, et que l'intérêt était de pouvoir croiser, même imbriquer en profondeur ces deux champs, dénonçant donc une double exploitation, l'exploitation des humains et l'exploitation de l'environnement, on va y revenir bien sûr. Et puis plus récemment, en juin 2023, donc fin juin 2023, pendant quatre jours, vous avez organisé, vous, c'est-à-dire que vous avez répondu à notre proposition d'organiser des séminaires préparatoires, et donc Marcelin Nadeau et son équipe, et l'Observatoire Terre-Monde, Malcolm Ferdinand, Erwann Molinier et d'autres, ont organisé eux-mêmes, sur place en Martinique, pendant quatre jours, un séminaire sur ce thème de l'écologie décoloniale. Vous en avez un compte-rendu également sur notre site, un compte-rendu rapide, mais évidemment, l'intérêt de cette rencontre aujourd'hui est de pouvoir approfondir le sujet et en débattre avec vous et réfléchir avec vous. C'était donc un séminaire qui a rassemblé 250 personnes, donc des élus, des associations, des représentants de divers réseaux, des acteurs variés, des citoyens, et les enjeux qui étaient présentés par les organisateurs, c'est les mêmes enjeux que ceux qu'on a voulu mettre en avant aujourd'hui dans ces rencontres à Cluny, c'était comment construire un nouveau récit qui ait du sens, qui puisse mobiliser largement la population, dans une dimension planétaire, sachant que vous estimez que l'écologie connaît, doit connaître encore plus, un tournant décolonial, alors qu'elle est, trop souvent encore, limitée à une stricte pensée environnementaliste. Mais vous allez évidemment largement développer cela, donc c'était quand même très intéressant. Moi, j'ai lu le compte-rendu, je n'étais pas sur place, je suis intervenue par vision, mais il y a toute une partie de ce séminaire où vous vous êtes penchée sur les prédécesseurs, en fait, tous les penseurs qui, avant vous, avaient réfléchi d'une façon ou d'une autre à cette question. Vous avez cité, vous y reviendrez sans doute, Jean-Jacques Rousseau, mais plus récemment, si on peut dire, Jacques Roumain, Aimé Césaire, qui, en 1950, dénonce à la fois les méfaits du colonialisme sur l'économiser et sur les économies naturelles. Frantz Fanon, qui, en 1961, associe le processus de décolonisation politique à la nécessité de refonder les manières d'habiter la Terre, le rapport à la Terre que nous devions avoir. Vous en avez cité beaucoup d'autres, Édouard Glissant, plus récemment, je dirais même en ce moment, Garcin Malsa, un des pionniers des luttes à la fois pour l'émancipation en Martinique et pour la sauvegarde du patrimoine et de la biodiversité. Actuellement, on n'a pas pu l'inviter cette fois-ci, je pense qu'il viendra une autre fois, il y a des chercheurs comme Arturo Escobar, qui est un anthropologue sud-américain, dont, je crois, le dernier ouvrage a été traduit récemment, qui s'intitule « Sentir, penser avec la Terre », avec toute une réflexion à partir des luttes des peuples autochtones en Colombie ou à partir de revendications zapatistes, mais je pense que vous allez y revenir longuement dans vos interventions. Vous avez également, sur place, réfléchi, et je pense que c'est important également, au féminisme décolonial, au rôle que jouent les femmes dans ces sociétés et comment on peut s'appuyer sur elles dans de nombreuses mobilisations. Et puis, plus globalement, c'était toute une réflexion que vous avez à approfondir et que nous allons aussi essayer de mieux connaître et d'approfondir. Comment sortir des approches européo-centrées, comment sortir de l'hégémonie et de la toute-puissance épistémologique occidentale pour réintroduire aussi des épistémologies du Sud. On pourrait citer bien d'autres penseurs, on y reviendra peut-être dans le débat, je pense aussi au grand écrivain qui est Patrick Chamoiseau, qui a écrit de nombreuses réflexions sur ce sujet, on y reviendra peut-être, je ne veux pas être trop longue, mais qui, par exemple, appelle à s'inspirer aussi des modes de vie des temps anticapitalistes sur place. Notamment, il cite les modes de vie des premiers Antillais, les Kalinagos, dont dit-il, ils sont humbles devant le vivant, sans obscurité mystique, sans misérabilisme rétrograde, mais il y a à reprendre aussi, à partir de là, des pensées, des modes de vie, des cultures qui ont été écrasées par l'arrivée du colonialisme. Pour terminer, en tant qu'écologiste de France, de France du monde aussi, mais de France, je pense que les questions que vous abordez, les questions qui sont dans les différents pays, territoires, où vous êtes, posent des questions majeures pour les écologistes et aussi pour les écologistes en France, à la fois par la nature des luttes qui sont menées, des luttes pour la biodiversité, contre le chlordécone, pour dénoncer les effets du chlordécone et bien d'autres choses, mais aussi les mouvements pour la souveraineté, pour reconquérir des espaces de souveraineté, parce que le système qui, en France, exploite les ouvriers, les précaires, celui qui a réprimé, avec la violence qu'on sait, des mouvements comme les Gilets jaunes et aujourd'hui les écologistes, c'est ce système qui aussi organise, toujours, lit en grande partie du pillage et de la destruction des écosystèmes, il y a l'extractivisme, l'économie de plantation, on n'est pas sortis de ce système, c'est le même système que les écologistes affrontent ici en France, et il est très important donc, à partir de là, de réfléchir en effet à ce que peut être une société à la fois écologique, solidaire et décoloniale. Qu'est-ce que ça veut dire quand on a ce discours ici en France ? Voilà, donc je vais vous donner la parole, je vous demande si vous pouvez répondre, vous organiserez votre intervention comme vous voulez, mais à trois questions en fait, il y a une question de doctrine, qu'est-ce que la pensée décoloniale apporte à l'écologie ? Qu'est-ce que l'écologie apporte à la pensée décoloniale ? Ensuite il y a des questions de stratégie, qu'est-ce qu'une société écologique, solidaire et décoloniale selon vous, à la Caraïbe, à la Réunion, en Afrique, dans d'autres territoires, dans d'autres régions du monde, mais aussi en France, parce que le discours doit être cohérent, et puis troisième type de question, quelles actions, quels sont les combats décoloniaux les plus, disons, les plus urgents à mener aujourd'hui ? Voilà, donc je vous laisse la parole, je propose que vous ayez chacun 20 minutes, et puis qu'après on engage la discussion, la réflexion en commun, donc je crois qu'on commence par toi Marcelin, donc Marcelin Nadeau. – Merci Aline, je voudrais déjà remercier à l'instant présent Aline et Jacques Archimbault, qui sont de vieux amis, de nous avoir invités, nous avoir proposés de faire ensemble ce travail, et très heureux de partager cet espace avec vous, mais également avec Malcolm Ferdinand, que je commence à côtoyer un peu plus avec bonheur, et bien sûr de Fiorilongo, que je ne connaissais pas par contre, en tout cas très heureux d'être ici avec vous. Alors, la pensée ou les pensées décoloniales d'origine sud-américaine, on peut dire, suscitent un certain engouement, aujourd'hui en France et en Europe, soit faisant, hormis l'excellent accueil fait à l'ouvrage de Malcolm Ferdinand dans nos pays pour une écologie décoloniale, la pensée décoloniale jusqu'à présent a du mal à animer nos cercles intellectuels, à l'exception, je ne dis pas de l'anticolonialisme, qui est historique, je parle de la pensée décoloniale au sens où on l'entend en Amérique du Sud, à l'exception peut-être de la fabrique décoloniale, créée par un groupe d'universitaires antillais, et comme j'aime à le dire, nous sommes constamment, nous en tout cas aux Antilles, confrontés à ce qu'il convient d'appeler une forme d'exclusive coloniale intellectuelle. Toutes les réflexions des fois partent de France trop souvent, ou d'Europe, et des fois on a du mal, y compris, à nous tourner vers ce que Césaire appelait notre géographie coloniale, c'est-à-dire notre Caraïbe et notre Amérique. Afin de structurer notre propos, nous tâcherons de répondre aux questions évoquées par Aline, mais je vais un petit peu quand même modifier la teneur des questions. La première question, c'est les apports mutuels entre, donc je fais une sorte de synthèse des deux, une contraction des deux, les apports mutuels entre pensée décoloniale et écologie. Deuxième question quand même, parce que moi en tant que, je veux dire que je ne suis pas, je suis là vraiment en tant qu'élu, mais élu, je dis souvent que je suis un élu militant, ou un militant élu, moi c'est fondamental, donc je n'ai pas un savoir théorique énorme, mais une praxis réelle en tant qu'élu. Donc deuxième question, la pensée décoloniale ne peut-elle pas être un outil de compréhension de la nature des relations entre la France et les dix Outre-mer, s'agissant notamment des quatre vieilles dernières colonies, c'est-à-dire Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion. Troisièmement, l'écologie décoloniale dans les dix Outre-mer, quels projets, quels récits, quelles revendications ? Alors s'agissant des apports mutuels, alors, on peut dire que la pensée décoloniale a beaucoup apporté à la vision du monde relevant de l'écologie politique. Alors permettez-moi d'aller vite pour citer très rapidement la rupture avec la vision manichéenne du monde au commun complexe, la rupture avec la distinction nature-culture et la critique de la modernité portée par le courant modernité-colonialité-décolonialité, MCD, réhabilitant quelque part les savoirs traditionnels en mettant en exerce l'épistémécite générée par la colonisation européenne, en même temps que les génocides et la traite négroïère transatlantique. Je vous propose de m'arrêter plus longuement sur le concept de plurivert. Cartier-Escobar oppose à la notion très occidentalo-centrée d'univers. L'auteur de Sentir, pensée avec La Terre, développant les concepts d'ontologie politique, d'ontologie relationnelle, mais je vais laisser ça notamment à Malcolm. Par contre, comment situer la notion de plurivert chez Escobar qui suppose la coexistence de plusieurs mondes ? Je dois souligner d'ailleurs que cette notion n'est pas sans nous rappeler celle déjà utilisée par Aimé Césaire dans sa lettre de démission du Parti communiste français à Maurice Thorez en 1956, lorsqu'il écrivait Une approche que partageront plus tard les auteurs de la Créolité, notamment Patrick Chamoiseau, en opposant la notion de diversalité à celle d'universalité. Mais quid donc du processus de créolisation tel que défini par les droits glissants et repris par Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis pour défendre l'idée d'une France plurielle ? À cet effet, nous pouvons affirmer, avec un intellectuel martiniquais, qui est un ami, Ali Baba Okendja, qui disait lors d'une conférence consacrée au concept de créolisation chez Glissant Il insiste sur le fait que la créolisation est imprédictable. Pouvait-on prévoir, par exemple, que le jazz naîtrait de l'habitation ? Et doit Glissant illustre dans le discours entier que la créolité des béquilles n'est pas celle des nègres, notamment dans l'appropriation de la langue créole. Le bélet, qui est une danse afro-martiniquaise, le marronnage ou la pratique du kenboa, rythme magico-religieux chez nous, reste des traditions nègres que ne partagent ni les béquilles, ni les grambulatres. C'est un problème. Ni les grambulatres. J'ai un problème, monsieur. Ni les grambulatres. Donc, en conclusion, quand Édouard Glissant dit que le monde se créolise, ce n'est pas un constat bison-ours, mais un retour général des conditions de mise en relation des peuples du monde au sein d'un nouveau cycle de mondialisation. Donc, ni un projet, ni un programme, mais une forme de fatalité dont nous avons tiré un imaginaire historique et culturel. Alors, ça, c'était sur l'apport de la pensée des coloniales à l'écologie, mais sur l'écologie, on pourrait dire, politique, au cœur de la question coloniale. La colonisation étant une modalité de l'exploitation capitaliste mondialisée, pendant longtemps, les doctrines anticapitalistes, qu'elles soient socialistes et marxistes, même hétérodoxes comme certains courants marxiens d'Amérique latine, ont été des grilles de lecture des réalités coloniales, ce faisant, la dimension écologique de l'exploitation coloniale, les attentes aux vivants et aux écosystèmes, avaient été complètement évacuées de ces approches. Tandis que la vision de l'écologie occidentale ignorait la fracture coloniale, ce qu'explique très bien Malcolm, l'écologie, on peut dire, a donc permis de comprendre les ressorts du capitalisme colonial, relevant à la fois de l'exploitation, voire l'asservissement de la femme et de l'homme, s'agissant de l'exploitation coloniale, mais également de l'asservissement de la terre, des écosystèmes et du vivant, considérés comme de vulgaires facteurs de production. Réalité fort bien appréhendée par Malcolm Ferdinand à travers les concepts de plantation haussaine et de l'habité colonial. Mais au-delà des modèles explicatifs, les processus de décolonisation à travers la création d'états-nations arc-boutés au modèle capitaliste ou socialiste, tous deux productivistes, ont échoué à favoriser une véritable émancipation des peuples colonisés. D'où l'intérêt d'un nouveau récit décolonial s'appuyant sur les fondements d'une écologie décoloniale. En effet, l'écologie politique, si elle s'est devenue une écologie monde, au sens où l'entend Arturo Escobar, est de nature à favoriser de véritables processus de décolonisation. Si les processus dits de libération nationale ont relativement échoué, s'agissant des anciennes colonies, on peut en dire autant du modèle de décolonisation à la française, prétendument contenu dans la loi d'assimilation ou de départementalisation de 1946. On arrive justement à la pensée décoloniale comme un outil pour comprendre la réalité des relations entre la France et les dix Outre-mer. La pensée décoloniale, notamment à travers l'analyse des questions d'extractivisme et des limites du développement, la notion de développement, du développementisme, permet de comprendre la persistance des éléments de colonialité dans la relation entre la France et ses dix Outre-mer. Alors, sur l'extractivisme et la notion de développement, l'analyse faite notamment par le sociologue Vinicius Hélien, Fernando Coronil, de la situation de son pays, s'agissant notamment du modèle extractiviste, pourrait s'appliquer aux DROM, départements et régions françaises, dont l'économie, ce, de contraire, est basé sur l'import-export. À partir de spéculations d'exportation, le rôle de l'État magique vénézuélien, tel que décrit par Fernando Coronil, s'apparentant au rôle de l'État français dans nos pays, à la fois redistributeur, mais surtout protecteur des intérêts béqués. Et c'est à l'air Philippe Bleyreld, un économiste et politologue martiniquais, qui a bien montré dans son ouvrage Histoire économique et sociale de la Martinique et de la Guadeloupe, les imbrications entre les intérêts béqués et ceux de multinationales françaises comme Carrefour, par exemple Bernard Hayot, c'est le franchisé de Carrefour, non seulement en Martinique, mais également à la Réunion, mais aussi en Amérique du Sud. Et en cela, le rôle protecteur joué par l'État français quant à la défense de ses intérêts. Alors, on peut aussi reprendre la critique faite du développementisme dans les pays du Sud global et la nécessité de passer une étape post-développement, notamment chez Arturo Escobar, qui va légalement pour nos pays. Donc je pense aussi au phénomène de mise en tourisme, souligné par les auteurs du courant MCD, très récemment encore, nous avons eu à nous opposer à une volonté des pouvoirs publics locaux et étatiques de livrer la baie de la ville de Saint-Pierre, que vous connaissez très probablement, quasi exclusivement aux activités touristiques, croisières, plaisances, ce au détriment d'autres usages de l'espace maritime. Je pense notamment à la pêche côtière, pratiquée par les petits artisans marins-pêcheurs. Alors, il y a aussi une interrogation que je porte sur le comportement de l'État français par rapport à la question écologique dans nos pays, et que certains élus guyanais ont qualifié d'éco-colonialisme. Alors, cette notion d'éco-colonialisme est souvent utilisée par des élus guyanais considérant comme un frein au développement de leur pays. Alors, cette qualification, bon alors, ça peut faire débat, on peut revenir dessus, mais cette qualification pourrait correspondre aussi à l'attitude de certains services déconcentrés de l'État, comme la direction de la mer. Dans une affaire très récente, par exemple sur une question de réserve marine, que nous avons portée en tant qu'élus, ce n'est pas l'État qui l'a portée, c'est nous, eh bien, par exemple, la direction de la mer s'est permis de confisquer comme ça, de façon punitive, je n'aime pas l'expression écologie punitive, mais c'était vraiment du punitif, les NAS, c'est-à-dire les casiers des marins-pêcheurs, mettant à mal d'ailleurs le projet lui-même par rapport à l'acceptabilité au niveau des marins-pêcheurs. Et puis, il y a aussi l'attitude très décriée de l'Office national des forêts. Il y a eu en Martinique, notamment une certaine affaire en Domis, où la maison d'un vieux monsieur qui habitait là après sa famille, depuis des lustres, a été purement et simplement démolie lorsqu'on accepte des constructions beaucoup plus imposantes et impactantes sur le littoral, mais bien sûr, apparemment, à des gens ô combien plus aisés que ce malheureux monsieur Domis. Alors, je me demande aussi sur la question des mouvements nationalistes. Par rapport à cette approche de l'écologie, c'est le cas de la Guyane. Alors, vous avez entendu parler de la Kanaki. La Kanaki, c'est plus mitigé parce que, d'un côté, il y a vraiment cet engouement pour l'extraction du nickel, l'extractivisme, mais en même temps, il y a quand même ces démarches, je pense notamment à la démarche portée par les Illinoisotés sur les entités naturelles juridiques, où on a reconnu la personnalité juridique des requins et des tortues. Donc, c'est mitigé. Par contre, en Guyane, notamment à la suite d'un accident de pirogue, bon, c'est un levée de bouclier, et ça va se dire beaucoup lors du prochain passage de Macron en Guyane, la nécessité de désenclaver. Mais moi, je m'interroge parce qu'on ne parle que de routes. Est-ce qu'on ne peut pas analyser le bilan co-avantage de sceaux ? Parce qu'il faut désenclaver, c'est inévitable. C'est vrai qu'il y a des enfants qui vont à l'école, il y a des problématiques, mais est-ce que la route est la seule solution de désenclavement ? Une approche écologique pourrait s'interroger sur cette comparaison entre solutions lorsqu'actuellement le mouvement nationaliste guyanais, ce sont des amis, ne s'interroge pas tellement, faisons des routes, des routes et encore des routes. Et on voit ce que sont les routes chez nous, d'ailleurs. Alors, je vais arriver maintenant, donc ça me permet de faire une transition. Quel projet politique relevant de l'espérance et de la responsabilité, on va dire, pourrait porter l'écologie politique ? Dans quelle société, quel récit et quelles revendications ? Alors moi, je vais dire, c'est un slogan, si vous voulez, pas d'écologie sans souveraineté et pas de souveraineté sans écologie. Vous avez compris que je suis un écologiste souverainiste et je me demande si un écologiste dans nos pays ne pourrait pas être souverainiste et d'ailleurs si un souverainiste ne pourrait pas être écologiste. Et à la suite de Garant Saint-Malsa, nous considérons la souveraineté comme la maîtrise des interdépendances du monde. Mais vous savez, c'est l'écologie qui nous enseigne cette réalité de l'interdépendance des écosystèmes. Donc l'interdépendance, ça veut dire une dose d'autonomie mais en même temps une dose de coexistence, de coopération, bref, en provenance. Aujourd'hui, le mouvement écologiste français court le risque, à mon avis, de favoriser le retour de l'assimilationnisme combattu par tous les progressistes de nos pays, depuis Césaire, le Parti communiste et les autres. Les postures de plusieurs sections, par exemple du Parti vert, dans les dix Outre-mer, le montrent s'il en était besoin, mais bon, à la suite de vos questions, peut-être que je pourrais insister, mais bon, voilà, je vais passer dessus très rapidement. Alors sur la question des revendications, permettez-moi de reprendre en substance cette affirmation d'Albert Camus qui dit qu'avant de refaire le monde, il faut éviter qu'il se défasse. Aujourd'hui, nos peuples sont menacés de disparition à travers la déprise démographique, telle que voulue d'ailleurs à un moment, à travers, vous avez entendu parler du bubidum, par l'État français lui-même, qui a pour moi considéré que nous étions surpopulation, et aujourd'hui on connaît la réalité de la déprise démographique que connaît nos pays, c'est 4 000 jeunes qui quittent la Maritimique chaque année. Alors, sur cette question d'ailleurs, bon, Aléna a dit que j'étais au bon démarche, mais j'appartiens aussi à un parti, enfin je suis actuellement co-président d'un parti politique qui s'appelle PIA, donc le pays, donc qui porte les valeurs de la souveraineté et de l'écologie. Sur cette question, mon parti propose, pour stopper cette hémorragie, il demande une priorité d'emploi des Martiniquais et de leurs congéns, parce qu'il ne s'agit pas d'être dans une approche coloriste. Donc, une priorité d'emploi à compétence suffisante. Les Maritimiquais ont également le sentiment que leur terre, pour parler de la Martinique, leur échappe. Là encore, sur la question du foncier, nous demandons un statut de résident avec une priorité d'accès des Martiniquais et des Martiniquaises à la terre. Alors, très souvent, un certain nombre de commentateurs prennent le raccourci d'une comparaison de ces revendications avec le mot d'ordre de préférence nationale défendue par l'extrême-droite française. Là encore, il convient de revenir aux enseignements de François Nant, afin de ne pas confondre le nationalisme émancipateur des pays dominés avec le nationalisme régressif des puissances dominantes et prédatrices. Les autres combats pour que nos peuples ne se défassent sont les combats contre les pollutions, résultant d'une agriculture exportatrice et productiviste, le saccage des terres agricoles, la destruction d'écosystèmes fragiles comme la mangrove, un système consumériste mortifère auquel il faut absolument opposer la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle, un modèle d'importation et d'hyper- et de malconsommation, à l'instar de la malbouffe, générant des pathologies qu'un système de santé défaillant, surtout au niveau de l'hôpital public, peine à soigner. La lutte aussi contre les monopoles, notamment béquées, générant une vie hyper chère avec son lot de pauvreté. Nous avons un seuil de pauvreté de personnes, un pourcentage très important de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Alors, après, je veux dire qu'il y a un autre aspect que je voulais aborder avec vous, en tant que militant, et je reprends en cela, permettez-moi d'user de vieille lune la formelle formule de Marx sur la question irlandaise. Un peuple qui en opprime un autre ne pourrait être libre. Et on le voit bien, là, Aline l'a dit, que les catégories des fois fortement réprimées, bon, chez nous, je pense que les derniers ouvriers assassinés lors de mouvements ouvriers, c'est un peu chez nous. C'est, par exemple, en Martinique, Chalvet 74. Et puis, on constate aujourd'hui quand même qu'en France, eh bien, ceux qui sont fortement réprimés, c'est pas tellement les paysans, c'est pas non plus tellement les ouvriers, mais c'est très souvent l'Open pour l'Italien, à quoi représentent les législateurs jeunes ou les écologistes. Et je dois vous dire que j'ai entendu de mes propres oreilles, à la radio, et c'est là où nous sommes un laboratoire négatif pour vous, un gradé de la Gendarmerie nationale française dire que l'utilisation de blindés, par exemple, comme ça a été le cas à Sivens, ou plutôt à Saint-Sauline, eh bien, n'a été pendant longtemps expérimenté dans nos pays. Et Aline disait, effectivement, que je suis un vieux militant, lors de nombreuses manifs, j'ai connu les blindés de la Gendarmerie nationale, eh bien, nous lançant comme ça, notamment des gaz lacrymogènes. Donc, pour vous dire que ce qu'ils expérimentent aujourd'hui chez nous, eh bien, vous l'aurez demain chez vous. Et en cela, il faut faire attention. Donc, à cette position de laboratoire négatif, nous vous proposons... (Ce fichier dure plus de 30 minutes. Passez à Illimité sur TurboScribe.ai pour transcrire des fichiers jusqu'à 10 heures.)